La démarche RSE – #4 Prévoir un cadre budgétaire

… ça devait arriver…

On a démarré sur des convictions fortes que l’entreprise devait être actrice de ce monde complexe et à bien des égards en crise.

On y a cru. On y croit d’ailleurs. Et on reste déterminé à faire notre part. On s’est surpris à rêver et on espère même aller au-delà…

On a fait notre diagnostic entre fierté de ce que nous réalisions déjà et appréhension face au reste à faire.

Pas de panique nous a-t-elle dit… alors on est resté calme et on a commencé à avancer.

  • Diagnostic, un coup d’œil (ou plus) aux référentiels : l’ISO 26 000, les ODD, BCorp…
  • Etablir la liste des parties prenantes et apprécier leur rôle & influence
  • Lister les objectifs, les prioriser, y adosser des indicateurs pertinents et mettre en place un suivi.
  • Signer une charte et la communiquer en interne et en externe. Au passage, on a même organisé un pot pour célébrer ça. On y a invité tous les collaborateurs et des représentants des parties prenantes : on travaille ensemble maintenant ! La presse locale était présente. Ca nous a fait un bel article et des éclats de fierté dans les yeux pour tous les collaborateurs.

Et patatraa ! « Prévoir un cadre budgétaire »…

il faut déjà travailler dur pour expliquer aux sceptiques que non, ce n’est pas une usine à gaz… La rentabilité économique du modèle, soyons clairs, ce n’est pas un argument et on en est encore loin. Si on dit maintenant qu’il nous faut du budget, c’est plié…

Cette vision, ces craintes et ces élans arrêtés nets en pleine ascension dès lors que le mot « budget » est prononcé ne sont pas anecdotiques. Le coût supposé d’une démarche RSE suffit parfois à lui seul à justifier le fait de ne rien faire.

 

De quoi s’agit-il exactement ? Concrètement, que signifie « prévoir un cadre budgétaire » ?

En premier lieu, engager une démarche RSE nécessite l’allocation de ressources humaines. Cette allocation peut revêtir des modalités variables :

  • affecter totalement ou partiellement une ressource interne au pilotage et à la mise en œuvre de votre démarche ;
  • mobiliser en interne des collaborateurs pour lesquels cette nouvelle mission peut représenter une charge plus ou moins perceptible ;
  • s’appuyer sur des ressources externes, par exemple en faisant appel à un cabinet spécialisé pour une mission de quelques semaines à quelques mois ;
  • lorsque cela est possible recruter une ressource que ce soit sous forme d’un contrat temporaire : stage, alternance, CDD… ou bien en intégrant un nouveau collaborateur

La montée en compétence s’avère également être un levier complémentaire à anticiper. La formation est un excellent moyen d’étoffer les ressources et compétences disponibles.

Les réseaux d’affaires, de soutien aux entrepreneurs, les CCI, les collectivités locales etc. donnent également accès à de nombreuses ressources (qu’il s’agisse d’outils, de formation ou d’aides publiques de soutien aux initiatives de responsabilité sociétale). Ces acteurs offrent la possibilité d’un accompagnement à moindre coût.

 

Globalement, il est difficile d’estimer ce qui serait « le coût moyen » de mise en œuvre d’une démarche RSE. De la formation, au recrutement, en passant par l’obtention d’une labellisation privée, tout dépend des objectifs et ambitions que l’organisation s’est fixée, de son point de départ et de ses ressources disponibles en interne.

Toutefois s’agissant de ce point, parfois sujet à crispation (et idées reçues), il me semble important de remettre en perspective les bénéfices attendus d’une telle démarche.

Affranchissons-nous des éventuelles injonctions morales ou moralisatrices qui ne me semblent jamais être les bons moteurs. La menace d’une sanction morale, règlementaire ou sociale, me parait en effet toujours moins efficace à long terme qu’une perspective fédératrice, génératrice d’opportunités et interconnectée à la pérennité de l’activité.

Ce préambule étant posé…

  • Et si vous regardiez la RSE comme un levier d’opportunité et d’innovation, par le simple fait d’être davantage en contact avec les collaborateurs, les clients, les fournisseurs et tous les acteurs gravitant autour de votre activité ?
  • Et si vous faisiez la comptabilité des gains en termes de fidélité, engagement (et donc -aussi- productivité) des collaborateurs ? Dans une période de crise, telle que celle que nous vivons actuellement, ces gains là sont inestimables tant d’un point de vue humain qu’économique.
  • Et si vous essayiez de faire confiance à vos clients et consommateurs pour engager leur fidélité auprès des acteurs et marques responsables ?
  • Et si vous expliquiez à vos meilleurs fournisseurs ce à quoi ils contribuent aussi, en continuant à vous alimenter avec leurs biens et services ?

Et, si vous aimez vraiment compter, si vous commenciez réellement à compter vos coûts : passés, actuels et futurs… ? Comment se positionnerait alors ce cadre budgétaire ? Cette vision aurait-elle toujours du sens ?

 

Alors oui, mettre en œuvre une démarche RSE mobilise du temps, des ressources humaines et quelque fois financières.

Oui, c’est une démarche qui se déploie dans le temps, qui requiert courage, détermination et ténacité.

Oui, c’est un chemin parfois décourageant, parfois troublé par certains détracteurs.

Oui, c’est un projet qui se construit de façon réfléchie, méthodique et qui requiert parfois l’aide de tiers experts.

Mais les bénéfices de ces démarches sont des richesses précieuses pour l’entreprise, ses collaborateurs et toutes ses parties prenantes. Ces richesses là ont des impacts économiques réels. Ces richesses sont le ciment qui réconcilie le triptyque de l’économique, du social et de l’environnemental.

Alors, on arrêter de paniquer… et on pose un cadre budgétaire. OK ?!  🙂

 

RDV le 30 avril pour la prochaine étape : pilotage & gouvernance.