La démarche RSE – #2 Prioriser les enjeux et choisir les indicateurs

Petit rappel avant d’aborder la question de la priorisation des enjeux et du choix des indicateurs.

A ce stade :

  • Vous avez une vision aussi complète que possible de votre niveau de maturité sur l’ensemble des domaines touchés par la RSE ;
  • Vous avez listé vos parties prenantes et effectué une première analyse de leur importance stratégique.
  • Vous avez désigné au sein de votre organisation un référent RSE qui pilote la démarche de façon transverse en étroite collaboration avec l’équipe dirigeante.

Au besoin, n’hésitez pas à (re)faire un tour à l’étape 1

La capacité d’une entreprise à choisir de façon concertée ses priorités d’actions est primordiale pour la conduite d’une démarche structurée et efficace.

« Recherchez le succès, pas la perfection »

On aurait aussi pu choisir « qui trop embrasse, mal étreint » et bien d’autres expressions encore…

L’idée est la suivante : lâchez le dictat de la perfection. Vous ne pourrez pas progresser de façon significative sur tous les objectifs en même temps.

Il est essentiel de savoir les prioriser.

 

#1 Comment prioriser ?

Pas de panique. Suivez le guide pour vous saisir de la célèbre matrice de matérialité.

Derrière ce terme relativement abscons hérité du monde de la finance, se cache un principe simple : une matrice de matérialité permet de hiérarchiser la multitude d’enjeux posée par le diagnostic RSE au regard des priorités de l’entreprise et des attentes des parties prenantes.

Afin d’illustrer l’analyse de matérialité, je prends la liberté d’afficher celle de l’entreprise Danone, accessible en ligne. L’entreprise en donne une analyse détaillée ainsi que les clés de compréhension. Une illustration bien utile en termes de pédagogie.

L’analyse de matérialité croise ainsi tout simplement sur 2 axes l’appréciation des enjeux selon :

  • leur impact sur l’activité de l’entreprise d’une part
  • le niveau d’attente des parties prenantes d’autre part.

Dès lors vont apparaitre les enjeux dont l’importance est partagée et ceux pour lesquels la perception est plus nuancée.

A ce premier niveau d’analyse se superpose souvent une 3ème dimension qui renforce le travail de priorisation : par exemple une taille de « bulles » qui varierait selon le niveau de traitement de l’enjeu.

L’analyse de matérialité présente de nombreux atouts :

  • elle donne de la lisibilité aux actions retenues en priorité
  • elle constitue un outil de dialogue entre parties prenantes
  • elle peut être l’occasion d’identifier et anticiper certains signaux faibles de risques potentiels ou d’opportunités de marché à venir
  • elle offre une synthèse pédagogique et transparente cohérente avec les valeurs d’une démarche RSE
 

#2 Transformer les enjeux en indicateurs et concevoir un tableau de bord

Chaque enjeu doit ensuite être matérialisé par un ou plusieurs indicateurs :

  • Clairement définis (à titre d’exemple les indicateurs qui seraient le résultats de consolidation doivent être clairement explicités).
  • Dont le calcul reste accessible à échéance régulière (les indicateurs doivent en effet être suivis dans le temps de façon à pouvoir constater les progrès dans la continuité des actions mises en œuvre)
  • Donner une vision sur l’état d’avancement au regard de l’objectif poursuivi : un chiffre brut sans repère sur le « reste à atteindre » à une valeur d’interprétation et de communication moindre

A noter qu’il existe un référentiel de reporting : le GRI (The Global Reporting Initiative) qui propose des standards de reporting extra financiers permettant un benchmark entre les milliers d’entreprises qui ont pris la décision d’utiliser ce référentiel.

Toutefois, hormis les entreprises assujetties notamment à la Déclaration de Performance Exra Financière, en première intention, un tableau de bord reprenant des indicateurs dont les parties prenantes sont davantage familières peut être plus approprié.

Des objectifs clairs transposés dans des indicateurs compréhensibles par tous et dont la consolidation est explicite constitueront un levier d’adhésion et de communication plus efficace.

Charge à chaque entreprise de choisir bien sûr l’option qui lui semble la plus pertinente.

 

A l’issue de cette étape

  • Votre diagnostic est clair, vos enjeux établis, hiérarchisés et partagés.

  • Vous avez sélectionné les objectifs prioritaires pour le développement de votre activité et, en cohérence avec les parties prenantes, vous mettez en place un tableau de bord de suivi de ces indicateurs.

Prochaine étape : formaliser l’engagement de l’entreprise 

RDV le 16 avril !