La démarche RSE – #1 Diagnostic

Pré-diagnostic : vous ne partez pas de 0  !

Les Monsieur Jourdain de la RSE, qui en font sans le savoir, sont légion !

De fait, si (re)définir ou se rappeler de sa raison d’être pour une entreprise est parfois une étape délicate, selon une étude BPI France – Le Lab, ce sont 90% des dirigeants de PME/ETI françaises qui mènent des actions RSE alors qu’elles n’ont aucune obligation de publier de rapport dédié.

Rappelons que la responsabilité sociétale des entreprises adresse les enjeux :

  • Sociaux : conditions de travail, diversité, inclusion, handicap, égalité hommes-femmes, etc.
  • Environnementaux : lutte contre la pollution, empreinte carbone, consommation et mix énergétique, gestion des ressources naturelles, protection de la biodiversité, etc.
  • Economiques : circuits courts, économie circulaire, emploi et impact sur le territoire, achats responsables, lutte contre la corruption,  etc.

Historiquement le pilotage de ces enjeux était mis en oeuvre par des entités et collaborateurs différents et surtout, ne travaillant pas toujours de façon collaborative : ressources humaines, direction achats, services généraux, services juridiques, direction financière, direction de la communication, etc.

 

#1 La première étape consiste donc à lister et commencer à structurer l’ensemble des démarches et initiatives déjà engagées par l’organisation.

Dès cette étape de diagnostic apparait la nécessité :

  • D’identifier un référent ou responsable RSE qui assurera la coordination et la centralisation des travaux ;
  • D’associer à cette première étape l’ensemble des acteurs en lien direct ou indirect avec l’entreprise (oui, oui… on y vient… les fameuses « parties prenantes ») ;

Il est difficile d’estimer l’exhaustivité de ce pré-diagnostic par rapport à l’étendue des champs couverts par la RSE. 

De l’intérêt de s’appuyer sur des référentiels existants. Derrière ce terme pas nécessairement attractif, se cache pourtant des outils, méthodes, repères, … qui vous permettent de vous assurer d’avoir bien entrepris une démarche holistique qui posera de solides bases à votre démarche et à vos ambitions sociétales.

 

#2 S’appuyer sur un référentiel pour guider sa démarche

ISO 26000, Lucie, B Corp, … beaucoup d’organismes proposent des questionnaires d’auto-évaluation qui vous permettront :

  • De vérifier que vous avez bien couvert tous les domaines concernés par la RSE durant votre diagnostic ;
  • De mesurer votre niveau de « maturité » sur chacun des critères, autrement dit d’identifier si ce champs est d’ores et déjà investi par votre organisation (et son état d’avancement) ou s’il s’agit d’un chantier à démarrer.

Quel référentiel choisir ?

Pas de panique. Choisissez tout simplement celui avec lequel vous êtes le plus à l’aise.

Peut-être avez-vous déjà eu l’occasion d’engager une démarche de certification, rapprochez-vous de votre interlocuteur habituel. Les normes (qualité, environnement, relations fournisseurs, etc.) sont souvent compatibles avec la norme ISO 26 000.

Cette norme ISO 26 000 (publiée en 2010 et co-construite avec un très grand nombre de parties prenantes dans le monde) est une référence en matière de RSE. Cette norme n’est pas certifiable et propose une stratégie globale de responsabilité sociétale. Elle est construite autour de 7 questions centrales comportant des domaines d’actions. Ces principes et questions de la norme ISO 26 000 agissent en interdépendance et toutes sont à considérer. Néanmoins, chaque entreprise, selon la définition de ses priorités d’action, établira son plan d’actions tenant compte de son contexte particulier et des attentes de ses parties prenantes. Les objectifs demeurent ainsi adaptés et réalistes, à la mesure de chaque organisation.

Vous pouvez également participer aux présentations du label Lucie, qui est aujourd’hui un label de référence aligné sur la norme ISO 26 000. 

Vous avez entendu parler de B Corp ? Leur questionnaire est en ligne et accessible gratuitement sur simple inscription.

Rapprochez-vous de vos organisations professionnelles : il existe des labels adaptés à des secteurs spécifiques.

Vous pouvez également décider d’avoir une démarche RSE globale et d’engager une certification, pour commencer, sur un critère en particulier qui fait davantage sens pour votre organisation : l’inclusion, votre politique achat, le sourcing de vos matières premières, etc.

Et les ODD dans tout ça ?

Les ODD, définis en 2015 dans le cadre de l’Agenda 2030 par les 193 Etats membres de l’ONU, constituent une feuille de route composée d’objectifs universels et engageants pour les organisations. Les entreprises sont encouragées à articuler ODD et démarche RSE, voire même à utiliser les ODD comme fondements de leur démarche RSE.

Normes et labels mettent ainsi en cohérence leurs exigences avec les 17 ODD (Objectifs de Développement Durables.

Cette première étape est ainsi l’occasion pour l’entreprise :

  • de se poser la question d’une labellisation de sa démarche
  • et de réfléchir à la nécessité de faire appel à un accompagnement externe (ponctuel ou pérenne via un recrutement) selon les ressources disponibles en interne.
 

#3 Identifier les parties prenantes 

Pour que le diagnostic soit aussi complet que possible, il est important d’y associer les parties prenantes, c’est-à-dire l’ensemble des acteurs impactés de façon directe ou indirecte par l’activité de l’entreprise : salariés, fournisseurs, actionnaires, clients, populations autour de l’entreprise, pouvoirs publics, associations, ONG, élus locaux, etc.

A la faveur d’une intervention lors d’une Labsession de l’Institut des futurs souhaitables, Sandrine Roudaut avait proposé de remplacer le terme de « parties prenantes », parfois abscons, par le terme de « personnes concernées« . J’aime cette approche. Je vous la partage.

Après avoir réalisé une cartographie des parties prenantes, il peut être intéressant de les positionner sur une matrice permettant  de les catégoriser selon différents critères.

On retrouve souvent la matrice pouvoir/intérêt dans ces analyses.

Illustration – Matrice pouvoir/intérêt des parties prenante

Cette analyse peut permettre :

d’identifier l’impact potentiel de chaque partie prenante sur l’activité de l’entreprise ;

d’anticiper le pouvoir promoteur ou détracteur à venir sur les priorités de RSE qui seront retenues

 

A l’issue de ce diagnostic

  • Vous avez une vision globale des actions menées par votre organisation en matière de développement durable
  • Vous vous êtes appuyés sur un référentiel existant afin d’éviter les oublis éventuels
  • Vous commencez à identifier les diagnostics complémentaires que vous pourrez conduire progressivement par la suite pour finaliser votre vision d’ensemble
  • Vous avez commencé à cartographier et associer vos parties prenantes, c’est-à-dire les acteurs concernés de façon directe ou indirecte par votre activité
  • Vous avez désigné un interlocuteur référent RSE qui consigne ces analyses dans un document partagé avec la direction de l’organisation et qui assure la coordination transverse du projet.

Prochaine étape : prioriser les enjeux et choisir les indicateurs.

RDV le 9 avril !