Et si nous considérions les entreprises plutôt comme des alliés ?

Pablo Servigne : « Toute entreprise, comme tout organisme, devrait avoir un temps de vie limité »
Que l’on soit d’accord ou pas avec la collapsologie, impossible, avec la pandémie de Covid-19, d’ignorer ses scénarios prospectifs d’une multiplication des crises systémiques. Alors comment shifter vers une organisation plus résiliente ?

Derrière ce titre un brin provocateur, un point de vue de Pablo Servigne moins simpliste que cette citation ne laisse paraitre.

Un élément néanmoins me surprend : « l’entreprise » semble ici implicitement présentée comme une entité autonome et forcément à la solde de ses actionnaires, eux-mêmes étant évidemment un groupe de vampires assoiffés par la recherche exclusive de profit…

La réalité n’est pas toujours reluisante. Certes.

Ces caricatures de sociétés existent et sans doute même en nombre (trop) important. Néanmoins, accueillir la complexité et la multiplicité des modèles me semble important pour rétablir l’équilibre et saluer tous les entrepreneur.e.s qui embarquent dans leur projet une vision inclusive du développement. Peut-être même, en étant optimiste, peut-on projeter un nombre croissant de ce type d’entreprises convaincues de la réconciliation possible de l’économique, du social et de l’environnemental.

Une entreprise n’est jamais que les hommes et les femmes qui la composent…

Et beaucoup (peut être pas suffisamment au regard des enjeux mais beaucoup…) de ces hommes & femmes œuvrent déjà à créer de la richesse pour leur territoire, des offres qui rendent des services utiles, dans le respect des écosystèmes qui les entourent.

Est-ce parfait ? Non.

Les résultats des transformations en cours sont-elles immédiates ? Non plus.

Toutefois, de même, qu’il me semble peu engageant de vivre et de se projeter en connaissant la date de notre mort, proposer un modèle d’entreprise qui a sa création fixerait « sa date de mort » me paraît peu cohérent avec la nécessité de ces organisations de se transformer, de s’adapter, de s’inscrire dans le temps long… et donc d’être résilientes.

« Toute entreprise, comme tout organisme, devrait avoir un temps de vie limité » nous dit Pablo Servigne. En réalité, c’est déjà le cas. J’ajouterais que comme tout organisme, toute entreprise ne devrait pas savoir que son temps de vie est limité… et j’irais même plus loin en disant que si, nous, humains, n’avions pas cette conscience, d’avoir un temps de vie limité, peut-être serions nous collectivement plus facilement et rapidement mobilisés autour des enjeux du XXIème siècle qui nous concerneraient alors chacun dans notre individualité.

Et si nous gardions confiance dans la capacité des entreprises, de leur dirigeant.e, de leurs collaborateurs et de l’ensemble de leurs parties prenantes à faire leur part et peut être plus encore…?!

Alors peut être, d’impossible, nous passerons à souhaitables… et à possible 🙂